L’Urbex, une autre façon de voyager en ville

Un hôtel abandonné, une usine en friche, un hôpital fantôme… Pour les aficionados de l’Urbex, ou exploration urbaine, tous ces lieux sont autant d’opportunités pour des découvertes uniques en leur genre, souvent immortalisées en photo. Alors l’Urbex, c’est quoi, et comment on s’y met ?

Aux origines de l’Urbex

L’histoire de ce mouvement pas comme les autres trouve ses origines dans les années 1980, quand un ensemble de groupes clandestins, l’urban eXperiment (UX), se lance à l’assaut des lieux désaffectés du Quartier latin. Tout d’abord constitué de jeunes habitants de ce quartier parisien, le mouvement s’étend à d’autres pratiquants. D’abord très confidentielles, les activités d’urban eXperiment commencent à faire l’objet d’articles et de reportages au début des années 2000.

Les pratiques de l’UX vont donner lieu à un véritable mouvement d’exploration urbaine à partir des années 1990 : visites de sites abandonnés, escapades sur les toits ou dans les souterrains… l’urbex étend rapidement son terrain de jeu à tous les espaces urbains inoccupés, non sans que ses pratiquants ne prennent quelques risques. On a ainsi pu découvrir l’histoire insolite de ce groupe d’urbexeurs, membres d’une section UX qui, en 2008, avait comparu devant le tribunal pour avoir restauré clandestinement l’horloge du Panthéon !

Une passion du patrimoine

Car le point de départ de toutes ces explorations est bien souvent un vif intérêt pour ces morceaux d’histoire abandonnés aux quatre vents. L’urbexeur se veut un aventurier du passé, et pour dénicher le lieu unique qui sera l’objet de son prochain reportage, il roule des heures, passe au crible le moindre espace en déréliction, jusqu’à découvrir la perle qui justifiera tous ses efforts.

L’urbex permet ainsi, au terme d’un long et parfois périlleux voyage, de plonger dans des atmosphères uniques et découvrir de véritables trésors, loin des sentiers battus. Sur les sites spécialisés, on découvre ainsi des photos stupéfiantes de lieux restés figés dans le temps, à l’image du Spreepark en Allemagne, ou des catacombes interdites de la capitale française, pour ne citer que les exemples les plus célèbres.

Un art codifié

N’est pas urbexeur qui veut, et un explorateur indélicat peut facilement se retrouver à l’index pour avoir manqué de respect envers un lieu dont il revendique la découverte. Les règles de l’urbex sont strictes, mais sont souvent frappées au coin du bon sens : interdiction de visiter un lieu habité, de voler des objets ou de détériorer les bâtiments visités. Le secret est également au cœur de la pratique de l’urbex : les adresses sont délivrées au compte-goutte, le plus souvent entre membres d’une même communauté d’explorateurs.

Toujours est-il que pour ceux qui osent franchir le pas –et flirter ainsi avec les limites de la légalité, certaines zones restant des propriétés privées-, les émotions sont au rendez-vous : entre la peur d’une mauvaise rencontre, le risque encouru à se promener dans un lieu délabré et non sécurisé, et l’émerveillement de la découverte, difficile de ne pas se prendre au jeu… et de se lancer à son tour dans la cartographie des lieux les plus insolites de sa région !

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